• Essai sur l'art de rendre la vie impossible à sa coloc

     

    Déblaterrage de conneries

    (Couverture du livre)

     

    Comme je te le disais, en ce moment avec Findus on est pas franchement potes. J’irai même jusqu’à dire qu’on peut plus se saquer. Tu voudras certainement en savoir un peu plus sur les raisons pour lesquelles je lui enverrai bien une casserole sur le coin de la tronche.

     

    C’est bien simple. Comme je ne restais que peu de temps ici (enfin façon de parler hein), j’ai donné ma caution à cette harpie de sa race en avance. Vois-tu que maintenant que je commence à voir le départ, ben elle veut pas me rendre ma thune, cette pute.

     

     

    Déblaterrage de conneries

    Moi, arrivant dans l’appart, ayant appris la nouvelle

     

    Le problème, c’est que ça me plait pas trop ce genre de méthode. Et t’inquiètes que je lui fais savoir. A ma façon. Déjà que j’ai mon égo qui est un peu blessé, mais si tu me donnes une bonne raison de faire chier le monde, j’y vais à cœur joie et je me donne à fond.

     

    Pouvant pas lui mettre le couteau sous la gorge (pas envie de croupir en taule ici), je me venge purement et simplement. Et je t’assure que j’ai plein d’idées.

     

    Chapitre 1 : Exploiter ses faiblesses.

    Lorsqu’elle ramène BigMac à la maison, j’ai pu constater entre deux lèchements de glotte que les deux souffrent d’une flemme indicible. On a même eu droit à une scène de ménage pour savoir qui allait devoir descendre acheter la bouteille de Coca qu’ils avaient prévu de s’enfiler au cours de leur romantique soirée. Qui s’annonçait plus si bien que ça d’un coup (en même temps, c’est ça de sortir avec un amerloque) (tu vas me dire que je suis une sorte de salope bourrée de stéréotypes, mais je m’en tamponne la citronnelle) (et je le prouve :)

     

     

    Déblaterrage de conneries

    BigMac, quand il était petit, en train de prendre son goûter et réclamant un Diet Coke

     

    Tu t’insurges ? Attends, bouge pas.

     

     

    Déblaterrage de conneries

    BigMac prend sa moto

    Voilà.

    Je disais ?

    Fort de cette constatation, tout ce dont elle peut avoir besoin, je le finis allègrement. Par exemple, elle fait 12 lessives par jour. Mais si on fait disparaitre la lessive (soit en la finissant, soit en s’en débarrassant d’une manière lambda), le nombre de lessive diminue grandement, jusqu’à 0 par jour.

    Aurait-elle la flemme d’aller s’en chercher ?

    Bien entendu, je ne fais jamais la vaisselle (enfin si, mais quand je nettoie un truc c’est pour me faire ma bouffe, donc le cradosser direct derrière). Vu qu’elle n’a jamais compris à quoi servait une éponge, elle s’achète de la bouffe toute faite. Dépenses subsidiaires.

     

     

    Déblaterrage de conneries

    Notre évier

     

    C’est très sain et ça attire plein de bestioles qui se nourissent de nos restes. J’aide la nature et je défends les petites bêtes sans défense. Chui trop la Brigitte Bardot moderne. Avec moins de rides. Ben quoi c’est joli les rides sur une femme, non ? Non.

     

     

    Chapitre 2 : Utiliser généreusement ses affaires.

    A défaut de récupérer mon argent, j’en dépense moins. Comment, me demanderas-tu avec des yeux plein de concupiscence. C’est bête comme chou : tu utilises ce qui est pas à toi.

    Je fais donc de grandes économies en shampoing et savons en tous genre, en utilisant ses propres laits de pute. Mes cheveux puent le L’Oréal AlphaRepair (qui est censé te faire shiner les cheveux et rendre tes amis jaloux), et je me nettoie la nouille à grands renforts de savon Dove Citron vert.

    En cas de suspicion de la part de la propriétaire, répondre simplement que « mon savon est dans ma chambre, je m’en fous du tien ». Ca marche généralement pas, et elle planque tous ses savons chéris dans son armoire, à l’abris dans un bunker anti-nucléaire relié à une bombe antieffraction.

    Mais qu’à cela ne tienne, on sait exploiter ses faiblesses, comme nous l’avons vu dans le précédent chapitre. Il suffit donc d’attendre quelques jours, et la flemme reprend le dessus : les laits de pute retrouvent leur place initiale dans la salle de bain.

    Ca implique de ne pas se laver pendant deux trois jours, mais comme chacun sait les hommes sont de gros dégueulasses (notamment les Français qui sont grave smelly, d’après nos amis obèses d’outre atlantique), donc au final y a pas mort d’homme. Je suis juste à la hauteur des stéréotypes des autres. Des gros notamment. (Oui parce que si tu ne le sais déjà, BigMac est – comme son nom l’indique, gros. Normal.)

    Mais que faire pendant ce laps de temps où les savons sont sous scellé ? Tu peux tout simplement te rabattre sur la bouffe, pardi ! Un tour dans le frigo et hop, on s’envoie quelques yaourts au goûter, on lui ouvre son Sprite tout neuf quand elle est encore au boulot, ou on lui grignote ses gâteaux bien chers. En cas de réaction de l’intéressée, suffit de dire « Oh ben pardon j’ai pas fait gaffe, j’achète la même chose, et je croyais que c’était les miens ». En cas de crise de nerf, placer habilement l’argument imparable : « je vais te les racheter ».

     

     

    Déblaterrage de conneries

    Findus, ravie à l’idée que je lui rachète ses merdes.

     

    Sa face va s’illuminer comme le Ravi de la Crèche, et on verra plus ses yeux. Qu’on voit déjà pas beaucoup en temps normal. C’est ça d’être bridé.

    Du coup tu ajoutes : « ah ben non en fait tu peux les racheter avec mon argent ! Tu sais, celui que tu veux pas me rendre ».

    D’un coup, ça la calme. Et toi t’es bien content.

     

     

    Déblaterrage de conneries

    Findus fait moins la fière.

     

    Au cas où, maintenant, je ne fais plus que lui bouffer des trucs neufs, au cas où elle veuille me filer la chiasse avec un ingrédient surprise rajouté dans un truc déjà ouvert. Comme ça, ça la fait encore plus chier. Et ca me rend plus heureux.

     

     

    Chapitre 3 : Faire la nique aux écolos

    Pour lui faire dépenser de la thune, y a rien de mieux que de lui faire faire des frais monstrueux. Je te montre.

    ELECTRICITE : Revenant de Finlande, j’avais pris des pulls que je ne pensais pas utiliser.

    Findus m’en offre l’opportunité.

    Afin de lui bouffer un max d’électricité, je fous la cloum à fond dans tout l’appart, que je règle à 15° quand dehors il fait au moins le double. Moi je mets des pulls, je mange un mars, et ça repart. Si j’en ai marre du froid, il suffit d’ouvrir les fenêtres, et en 3 minutes tu sues comme un porc.

    EAU : Quoi de mieux qu’une longue douche de 5 heures pour se délasser ? Certes, cinq heures c’est long, mais personne n’a dit qu’il faut rester dessous en permanence. Tu peux donc commencer, rester quelques minutes à jaboter sous la flotte, puis regagner tes pénates afin de regarder des séries de merde. Tout en prenant psychiquement ta douche.

    D’un coup après, on se sent vraiment mieux.

    GAZ : Attention les enfants, ce show est réalisé par des professionnels, ne retentez pas ça chez vous. Quoi donc ? Convertir sa salle de bain en hammam. Si la douche standard t’ennuie, tu peux toujours faire venir la vapeur à toi. L’eau étant chauffée au gaz, si tu mets la machine à fond, ca te sort de la flotte à 60° (c’est le machin qui le dit). Ca fait de la vapeur sympa, et en plus tu peux coupler ça avec la méthode précédente.

     

    L’avantage incontestable de cette méthode est qu’elle s’en apercevra quand je serai déjà parti, ce qui est encore plus vicieux. Facturation fin juillet. D’ailleurs, je compte conserver mon numéro de téléphone Chinois juste pour lui envoyer un petit texto sympa à la fin du mois, genre « Pas trop cher les factures ? ». Très fin.

    C’est très complémentaire avec les emmerdements qui sont pas en différé (genre lessive, savon et bouffe). Ou comment faire chier même quand t’es plus là. Je laisse des souvenirs impérissables. Chui comme ça moi.

     

     

    Déblaterrage de conneries

    Findus reçoit ses factures

     

     

    Chapitre 4 : Faire chier au quotidien

    Là encore, les idées ne manquent pas.

    Tantôt je deviens un maniaque du ménage, et je dégaine l’aspirateur au moment où son téléphone sonne. Elle change de pièce ? Pas de souci. Je la suis (« mais c’est toi, t’as les pieds SALES !! Grosse dégueu t’en fous de partout, faut bien que quelqu’un nettoie !! »). Bon sauf quand elle s’enferme dans sa chambre. Mais bon je peux faire chier a minima en aspirant à côté de la porte, et la tête de l’aspirateur qui se cogne sur les meubles, les coins et la porte, c’est pas discret.

    L’inconvénient c’est que ça lui fait faire des économies en téléphone.

    Mais sinon, on a aussi la pluie. Très simple à tourner à son avantage. Etant donné que les parties communes (e.g. le salon) sont occupées en quasi-permanence par elle-même et son gros sac, je n’y suis jamais. Donc ruiner leur nid douillet (fait d’un canapé qui t’avale quand tu t’assois dedans (la faute à BigMac je présume) et de coussins immondes Hello Kitty) est une option tout à fait envisageable. Le canapé étant à côté de la fenêtre, c’est limite trop simple. On se prend un typhon sur le coin de la tronche ? Génial ! Ouvrons les fenêtres !! Et voilà en moins de deux tout est trempé. Findus s’insurge ? T’as tout prévu : t’as passé ton parapluie sous le robinet et il est ouvert, en train de sécher, dans l’entrée. Tu n’as plus qu’à répondre « oh ben j’étais dehors chercher un truc à Carrouf, je pensais pas qu’il allait pleuvoir donc j’ai pas fermé. Quel temps pourri, m’en parle pas ». (en fait tu étais en train de t’enfiler du Sprite par intraveineuse devant une série naze, tout en préparant ton hammam à côté, en référence au Chapitre 3.

    Tu apprends vite dis donc.

     

     

    Chapitre 5 : offrir un feu d’artifice lors du départ

    Partir c’est mourir un peu à ce qu’on dit. Mais moi, quand je vais mourir, je vais en mettre plein les yeux pour pas qu’on m’oublie. Et j’ai déjà tout prévu.

    A mon départ, ça va être un 14 juillet (en plus c’est vraiment le jour où je me casse, c’est parfait didon) (une excuse de plus ! « Mais c’est la tradition chez nous pour la fête nationale !! T’es pas un peu conne sur les bords ? Ah ben oui en fait. »). Ca va lui en mettre plein la vue.

    On va donc commencer gentiment en la privant d’internet, comme elle me l’a fait. Oui, parce que si y a pas beaucoup d’activité ici, c’est parce que notre internet ne marche plus, et qu’elle ne veut pas le réparer (basse vengeance). Elle fixera le problème quand je partirai, probablement.

    Ce qu’elle a pas pensé, c’est que ca sera pas si simple…

    Un petit coup de cutter derrière la prise, et hop, plus de fils. Pas de fil, pas d’internet. Elle va banquer, cette pute.

    Ensuite, on va passer au grand Massacre des Vêtements. Vu que notre balcon est en permanence envahi de ses serpillères et autres fripes (en lien avec les 40 lessives quotidiennes) (quand y a du savon), je sais déjà qu’y aura un vent monstrueux ce jour là. Histoire d’être sûr qu’y aura des trucs qui sèchent, je rachèterai de la lessive. Ca va la rendre heureuse, mais elle se doutera pas de ce sui l’attend.

    Malheureusement, le vent sera tellement monstrueux que ça va les décrocher et qu’ils vont faire une chute du 22ème étage, les pauvres. Et moi, bon prince, quand je serai en bas avec ma valise, je vais le remarquer.

    Pour la prévenir (parce que je suis adorable), je lui enverrai un petit texto du style « mais je crois qu’y a tes vêtements un peu partout dans la cour commune, à cause du vent. Je peux pas les ramasser, je suis déjà en retard pour mon avion ! Désolé, bisous et merci pour tout ».

    Nul doute que ça fera effet. Jackpot, une chasse au trésor, dont les objets sont à trouver avant les autres résidents. Soit 7 immeubles de 30 étages, avec 8 apparts à chaque niveau, ou encore au minimum 1680 personnes susceptibles d’arriver avant elle et de lui pécho ses fringues chéries.

     

     

    Voilà, donc maintenant à toi de jouer.

     

     

    Je cherche encore quelques idées pour sublimer mon départ. Si tu as quelques idées, n’hésites pas.

    Après tout, j’ai ma thune à lui faire dépenser.

     

    Tu penses qu’elle risque de me poursuivre en France ? Aucun risque, j’avais signé mon contrat avec un nom pas tout à fait exact (au cas où) et elle a jamais vu mon passeport.

     

    Mata Hari vous avez dit ?

     

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