• Crac Boum Hue

    Je sèche.

    Non pas que je n’aie plus d’idées (tu parles, pour raconter ma vie sous forme de conneries, je suis insatiable), mais je sèche au sens propre du terme.

     

    Je choisis toujours soigneusement mes heures quand il s’agit d’aller faire mes courses à Jalefou (que tu connais probablement sous le nom de Carrefour). Prends aujourd’hui, par exemple. Le ciel semblait menaçant quand je suis sorti. Mais j’avais la flemme de retrainer mon cul jusqu’au 22ème étage où je réside pour chercher René, mon parapluie. Même par ascenseur (si tu crois que je m’amuse à me farcir 22 étages à pieds…)

    C’est donc tout naturellement que je me suis proposé de faire fissa et de rentrer avant que l’ombre la pluie ne vienne détruire mon brushing, fait d’un demi-centimètre de cheveux (je t’invite à aller voir ma note sur mon passage chez le coupe-tifs).

     

    Tu penses. Etant donné que ça me prend déjà pas loin de trois quart d’heure aller-simple, j’étais plus qu’optimiste. Donc je me suis pris la pluie au retour. Moi qui voulais laver mon T-shirt, ben c’est fait.

     

    Mais bon, j’ai quand même rencontré ma nouvelle amie au milieu du rayon Riz. Je pensais pas tomber sur elle, mais j’en profite pour te la présenter.

     

    Je l’ai baptisée Onomatopée.

     

    Parce qu’elle fait tout le temps des bruits chelous. Si tu ne le sais déjà, les Asiat’ en général font des Ohhhh, Ahhhh, et autres Heu Heu Hé au téléphone. Mais elle, c’est le fleuron du son débile. A chaque sentiment correspond un bruit.

    C’est un peu comme le langage des baleines tu vois, mais en plus simple à décoder.

     

    Déblaterrage de conneries

     

    Onomatopée s’émerveillant devant le menu du jour

     

    Alors autant te dire qu’on rigole. L’autre jour par exemple, elle s’est jointe à ColNi et moi pour aller sucer des os de poulet chez KFC savourer un délicieux déjeuner. Déjà quand elle est arrivée au bureau, on a eu droit à un OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOH de reconnaissance.

    Qui fut rapidement suivi d’un gratifiant EHH destiné à chacun de nous, généreusement distribué en nous faisant cucu de la main.

    La fine équipe étant réunie, nous avons pu nous diriger vers les ascenseurs, et par extension, la bouffe. Le gars de chez Otis qui a pondu le logiciel gérant les arrêts des cabines devait certainement s’être mis deux ou trois canettes derrière la glotte lorsqu’il l’a conçu. En un mot comme en cent, faut attendre trois heures avant qu’on daigne t’emmener au RDC. Ce détail n’a pas échappé à notre Jamy Gourmaud, qui nous l’a judicieusement fait remarquer, le tout ponctué d’un EUUUUÙM d’agacement.

    Je t’ellipse narrative le chemin jusqu’à la bouffe, parce que ColNi était très occupée à m’expliquer qu’on allait être prochainement dans la merde, vu que les douanes c’est le boxon avec les Jeux qui approchent. (Bon en fait  moi j’ai assez hâte qu’ils arrivent ces jeux, parce que je me casse le jour de la cérémonie d’ouverture) (et la voir de mon hublot du vol NZ038 ça m’ira très bien).

     

    Déblaterrage de conneries

    ColNi, en pleine crise d’épilepsie pour l’avenir de nos opérations douanières

     

    Nous voici donc arrivés devant le restaurant, comme nous le fait remarquer Onomatopée, d’un HEU satisfait. Et là je te raconte pas, ça a été le festival de Rio et Baila Morena en même temps.

     

    Déjà, vu l’affluence, on a finalement décidé de partir manger au jap’, vu que du bridé à l’intérieur, y en avait une chiée plus douze. On arrive donc dedans, où on se pose le train sur la table.

    ColNi et Onomatopée se proposent d’entrer dans un grand débat spiritualo-gastronomique pour savoir ce qu’elles allaient s’envoyer. Onomatopée nous a gratifiés de nombreux Hah Hah Hah pendant cette période.

    Vu qu’évidemment je comprenais rien, je suis passé en mort clinique, jusqu’à ce que la Madame nous apporte du thé. Vu que j’avais rien d’autre à foutre, me suis dit que ca serait bon pour ma santé si j’en buvais. Même si c’est dégueu.

    Donc j’en ai bu une gorgée, et me suis donc brûlé mon Moi intérieur au 14ième degré. Quelle conne de nous apporter de l’eau à 99°C. Bientôt on va boire le thé par fumigation. J’te jure.

    Sur le coup, j’ai balancé un vieux bruit de douleur. Ce qui a stoppé net Onomatopée dans son Pamphlet du Fruit de Mer. Elle devait penser que j’essayais de communiquer.

     Donc elle me regarde, me balance un couinement de félicité, et reprend de plus belle. J’étais déjà pas ravi de m’être cramé les papilles (parce que ca veut dire que je pourrai plus savourer le gras pendant 3 jours), mais en plus, sa réaction m’a donné envie de lui balancer la théière sur le coin de la gueule. Mais bon, vu qu’on était en société, j’ai fait des efforts.

    Entre temps, la Madame a dégainé les baguettes et les menus.

    Me suis donc emparé du menu avant qu’Onomatopée ait l’idée de le prendre, parce qu’ici, le ratio menu c’est 1 livre pour 10. Faut être rapide si tu veux bouffer (et que tu mets 3 heures à te décider, critères qui me définissent parfaitement).

     

    Et là, je te raconte pas l’action.

     

    Je saisis le menu d’un geste vif (mais néanmoins élégant).

    Et  je l’ouvre. Cette fois, d’un geste un peu moins élégant, puisque j’envoie valser au loin nos baguettes.

    Par terre, ça fait un Mikado. Tandis qu’une baguette, elle, est allée atterrir chez nos voisins, la rebelle. Je te raconte pas, tout le monde me regardait. Probablement parce que je n’ai pas eu la bonne réaction : je me suis fendu la poire en deux, tentant d’articuler quelques excuses en Mandarine pour masquer un tant soit peu mon forfait.

     

    Déblaterrage de conneries

    A table, ColNi, un peu blasée de mes conneries ; et Onomatopée, avec son fameux regard interrogateur

     

    Là, on a eu droit a un son hybride, un HOoooàh, qui devait se situer entre l’étonnement, l’agacement, et l’amusement.

    Du coup, on a senti qu’il était temps de commander.

    J’ai pris des nouilles en soupe. C’était très bon, mais si je manie très bien les baguettes (j’en vois rire, là-bas), je suis un peu moins doué quand il s’agit d’aller à la pêche aux nouilles. Notamment parce que celle qui retombent en profitent pour tout éclabousser.

    Ce qui fait que j’en ai foutu de partout, mais heureusement j’étais inspiré ce jour là, j’ai mis un Tshirt foncé. La nature est bien faite.

     

    Onomatopée quant à elle, a un peu fait la gueule, parce que sa soupe avait l’air épicée à t’en dresser les poils du cul. Du coup, j’étais bien content. Ca lui apprendra à se foutre de ma gueule.

     

    Déblaterrage de conneries

    Avales ta soupe, Onomatopée !

     

    ColNi, elle, a slurpé ses nouilles avec application et humilité. Peut-être avait-elle honte ? Nous ne le sauront jamais.

     

    Toujours est-il qu’Onomatopée a un don pour lancer les débats, telle Arlette Chabot sur France 2 une veille d’élections (mais en un peu plus jaune). Elle s’est donc naturellement penchée sur un sujet de société entre le fromage et le dessert : mon piercing.

    Notes bien que « entre le fromage et le dessert », c’est une expression. Le fromage, y a qu’à Mac Do qu’on en trouve (on se satisfait du peu), et le dessert laisses-moi rire.

    C’est donc mon piercing qui a été passé en revue une Nième fois entre deux rots, genre je savais pas que tout le monde il avait peur de moi à cause de ça. 

     

    Déblaterrage de conneries

     

    Tronche standard des bridés à la vue de mon piercing

     

    L’avantage, c’est que j’ai de la place dans le métro, et qu’on s’amuse rarement à essayer de me piquer mes trucs les jours de grande affluence.

    Même pas besoin de péter en levant la fesse pour pouvoir respirer. C’est limite pas drôle.


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